Jean-Marie
Bruxellois de naissance, je suis parti au Congo à l’âge de 2 ans : Kisangani, Kinshasa et enfin Lubumbashi. Je suis rentré en Belgique en 1970 après avoir entamé mes études universitaires à l’UOC.
Je suis retourné pour la première fois à Lubumbashi en janvier 2009 pour
rendre visite à ma fille partie enseigner à l’école belge quelques mois plus tôt. J’en ai profité pour revoir les lieux privilégiés de ma jeunesse
katangaise : Lubumbashi, Kolwezi, Kipushi (où j’ai plongé avec délices dans la piscine) et faire un reportage photo à montrer à mes amis restés en Belgique. J’ai eu la chance inouïe qu’un ami, Marcel Yabili, mette sa voiture et son chauffeur à ma disposition, ce qui m’a donné une très grande liberté de
mouvement. J’ai fréquenté les milieux cossus tout comme des endroits nettement moins courus, parmi la
population locale.
J’ai eu l’occasion de rencontrer la Ministre du Tourisme et de la Culture, J’ai été invité sur le plateau de la télévision
avec mon ami Isaac Sumba, de Palma Okapi Tours, chacun étant invité à s’exprimer sur le Congo qu’il connaissait, pour moi le Congo d’avant 1970, pour Isaac le Congo actuel, le tout entrecoupé de
quelques ballades à la guitare.
A mon retour, mes amis fascinés m’ont demandé d’organiser un « retour-aux-sources » et c’est ainsi qu’un premier
groupe s’est constitué pour des retrouvailles avec le pays de leur enfance. Ce voyage ne sera certainement pas le dernier car d’autres amateurs
attendent pour se décider les commentaires des participants de ce premier groupe.
Danielle
Ce voyage représente pour moi l’occasion de me replonger dans ma jeunesse, prendre un bain de jouvence, sentir à nouveau
l’odeur de la terre, et redécouvrir la lune dans sa beauté. Revivre en symbiose avec la nature
sauvage.
Née à Coquilathville (actuel Mbandaka), j’ai vécu au Katanga à partir de l’âge de 2 ans. Je suis rentrée en Belgique en 1967 après ma rhéto ; une anecdote : Philippe Grandjean et moi étions dans la même classe et nous avons
chacun signé le diplôme de l’autre Grandjean.
J’aimerais revoir les endroits clés de mon enfance et de mon adolescence, les
maisons où nous avons habité, le Lycée Kiwele, la piscine de la ville, peut-être même refaire le circuit effectué lors de notre « sortie » de rhéto et qui nous a amenés, la nuit durant,
à réveiller tous nos profs l’un après l’autre. Revoir, Likasi, la Mine de l’Etoile dont l’eau turquoise nous faisait rêver et nous procurait un
bien-être rafraîchissant.
J’ai encore un cousin qui vit à Lubumbashi avec son épouse que je compte bien rencontrer autour d’un bon repas.
Que peut-on rêver de mieux que de passer de merveilleux moments avec un groupe hyper sympa dans des endroits
idylliques.
Maurice, le frère de Danielle
Je suis né à Elisabthville en 1952 et ai quitté le Katanga en 1967 comme beaucoup de monde.
J’en conserve une véritable nostalgie. Je pense que mon épouse m’a laissé partir pour que je ne l’ennuie plus avec mes
éternels regrets. Mon beau-fils, lui, me dit que je serai extrêmement déçu parce que tout aura changé… mais on verra bien.
J’ai surtout envie de revoir les bâtiments où j’ai vécu, le Collège Saint François de Sales, découvrir si notre maison du
square Uvira existe toujours et retrouver à la fois l’ambiance et les senteurs d’Afrique … et, bien entendu, déguster à nouveau une bonne Simba
ou une bonne Tembo.
Christiane
Je peux enfin réaliser un rêve qui me tarabuste depuis 44 ans.
Je suis née à Roscoff, Bretagne, et suis partie au Congo en 1960, juste après l’indépendance, à Usumbura d’abord puis
Elisabethville en 1961. Ce sont mes plus belles années.
J’ai bien entendu envie de revoir la maison, l’école, mais aussi découvrir des endroits que je n’ai pas eu l’occasion de
voir à l’époque (les Kundelungu, la Lofoï….).
Nous sommes déjà en route mais je ne réalise pas encore que mon rêve se réalise enfin car j’ai tellement
attendu : les contraintes de la vie, famille, enfants m’ont retenue jusqu’ici. Seule, je ne serais pas partie e non plus, mais j’étais prête à
franchir le pas lorsque ce projet de voyage en groupe a été lancé. Toute ma famille m’y a d’ailleurs encouragée. ( Danielle rétorque que ce ne fût
pas le cas pour elle ….)
Françoise D
Pour moi c’est vraiment un retour aux sources dans le pays que mon papa appelait déjà « son » pays. En effet, il y était venu enfant en 1931 avec sa soeur, son père y étant arrivé en 1929 bientôt suivi par son
épouse et son plus jeune enfant. Maman est venue rejoindre Papa en 1947 pour l’épouser. Sur leurs 5
enfants, 4 sont nés à Elisabethville et un à Coquilathville. Mon grand-père était architecte et travaillait pour la COFOKA à Kipushi. J’espère que
lors de notre visite dans cette ville je pourrai retrouver sa maison qui, d’après Maman, était la première à gauche en arrivant à Kipushi à la fin des années 40. Mes grands parents et mon oncle sont rentrés en Belgique après la guerre mais ma tante est restée au Katanga avec la famille qu’elle y a fondée. Des cousins arrivés après la guerre ont renforcé la tribu Devaux. Le Congo a toujours tenu une très grande place
dans ma vie et celle de toute ma famille car nous y avons vécu de longues et heureuses années.
Je suis rentrée en Belgique en 1966 après ma rhéto à l’Institut Marie José, suivie en 1967 par ma sœur Brigitte et en 1968
par le reste de la famille.
A l’exception de vacances à Goma fin 1976, c’est la première fois que je retourne au Congo et je m’en réjouis
beaucoup. Je réalise que la ville aura beaucoup changé mais j’espère retrouver certains coins connus et découvrir la ville telle qu’elle a évolué au
fil du temps ainsi que ses environs.
Françoise M
Mon père est parti au Congo en 1937 pour le BCK, rejoint par son frère quelques années plus tard. Maman est allée rendre visite à son propre frère installé à E’ville en 1946… et y est restée pour fonder une famille. Le Congo faisait donc partie de la tradition familiale des 2 côtés. Mon frère et moi sommes tous les deux nés à
Elisabethville que nous avons quitté, bien à contrecœur, en 1967, mon frère après une première année d’université, moi encore aux humanités. Mais le
Katanga et l’Afrique sont toujours restés dans nos cœurs. Les contacts avec d’autres anciens du Katanga se sont espacés un temps, le temps de faire
des enfants, de les voir grandir et quitter le nid, permettant à leurs parents de retrouver une certaine liberté et de renouer avec leurs amis d’enfance. Le groupe Niambo, fondé en 1999, a permis de renforcer ces liens et de multiplier les contacts avec des
personnes partageant les mêmes racines et cultivant un même esprit d’ouverture au cours d’activités communes, balades, visites culturelles et autres,
sorties et WE. Quelques voyages aussi qui nous ont ramenés en Afrique (Kenya, Afrique du Sud, Tanzanie
du Nord, Tanzanie du Sud), chaque fois un peu plus près de notre Katanga tant aimé. Jean-Marie nous a proposé ce voyage, nous savons que nous pouvons
compter sur place sur l’amitié de Marcel Yabili, notre Vice-président, et nous voici enfin en route vers le Congo, avec un espoir teinté d’appréhension mais aussi la certitude que ce
« retour au sources » nous était nécessaire à cette période de notre vie.
Jacques
Je suis sans doute celui dont les attaches katangaises remontent le plus loin.
C’est dès 1912 que mon grand-père est arrivé à Elisabethville à l’UMHK comme comptable avant d’acheter une ferme quelques années plus tard. Ma mère,
son frère et sa sœur sont nés à E’ville. Mon père, quant à lui, est arrivé après la guerre, venant
seconder son frère installé au Congo depuis les années 20. Ce dernier développait des affaires dans différents secteurs et notamment dans
l’immobilier. Après le départ de sa femme pour la Belgique vers le milieu des années 60, mon oncle est encore resté au Katanga (jusqu’à sa mort en
1971) et y a fondé une nouvelle famille métisse que je n’ai jamais rencontrée mais je ne perds pas espoir de la rencontrer un jour et pourquoi pas durant ce séjour.
Je suis né moi-même à E’ville et suis rentré en Belgique en 1967 pour les études, revenant au Congo une année sur deux pour
les vacances et pour la dernière fois en 1972, mes parents quittant le pays définitivement en 1973.
Pour ce « retour aux sources », c’est plus la curiosité qui m’anime que la nostalgie. Ce qui m’intéresse surtout, c’est de me rendre compte de visu de l’évolution économique et sociale du pays. Voir
si les énormes développements de l’exploitation minière mèneront à la création d’une économie qui ne se contente pas d’exporter des produits bruts à trop faible valeur ajoutée mais au contraire à
la création d’entreprises développant des produits finis ou semi-finis procurant davantage de travail effectif et de bien-être social.
Elisabeth, la compagne de Jacques
La seule non africaine du groupe. En bonne petite compagne soumise et
obéissante, j’ai suivi l’actuel homme de ma vie. J’en profiterai pour découvrir l’Afrique noire que je ne connais pas et ce dans des conditions de
proximité que je n’aurais certainement pas eues dans le cadre d’un voyage organisé.